D’amour et d’eau fraîche

D’amour et d’eau fraîche

Il lui prit sa fine main dans la sienne et la pria de le suivre. D’un geste sec et rapide, il écarta des branches qui pendaient de hauts buissons sur leur passage, et il l’aida à passer avant de les relâcher derrière eux. Les rayons du soleil s’engouffraient dans l’épais feuillage des puissants arbres, et seul le chant de quelques oiseaux aventureux déchirait l’imperturbable silence de la forêt. Ils marchèrent encore quelques bonnes dizaines de mètres, jusqu’à trouver l’orée du bois. Alors, ils tombèrent sur la petite clairière en forme de cercle. Ils étaient enfin arrivés.

Ils se regardèrent avec un sourire espiègle, puis ils partirent tous deux dans un fou rire complice. Leurs visages d’ange se rapprochèrent, et bientôt leurs lèvres se pressèrent l’une contre l’autre, avant que le bout de leurs langues respectives ne se mélangent en un tourbillon qui lui fila le vertige. Il se raccrocha alors à elle en la serrant encore plus près de son corps, lui comprimant presque la poitrine, et ce doux et long baiser fougueux dura de longues minutes qui n’en finirent plus.

C’est à bout de souffle qu’ils relâchèrent leur étreinte. Ils se souriaient encore avec du pétillement plein les yeux, quand leur attention fut attirée par un petit écureuil qui grimpa aussi vite qu’il put dans l’arbre centenaire qui bordait la frontière entre le bois et la clairière. Alors, ils s’avancèrent tous deux vers le centre du cercle, et le jeune homme tira de son sac à dos une épaisse nappe de couleur aussi verte que l’herbe sur laquelle il allait l’étendre. Une fois chose faite, il se déchaussa, retira sa chemise et s’approcha de sa jeune compagne, qui s’était déjà mise à genoux au milieu de la nappe. Elle lui souriait, laissant apparaître une bouche magnifiquement sensuelle et des dents d’un blanc éclatant. Elle lui fit signe de se rapprocher encore un peu, et alors qu’il était maintenant debout face à son visage de poupée, elle lui ouvrit la braguette et en sortit sa verge qui commençait à se dresser vers le ciel d’un bleu limpide. Et alors que le jeune homme se mit à fermer les yeux, elle fit courir ses longs doigts fins le long du pénis maintenant bien raide, puis se mit à jouer avec son gland gonflé d’excitation avec le bout de sa langue humide.

Elle pressait maintenant ses lèvres pulpeuses et fraîches le long de la verge en feu, faisant chavirer sa tête de haut en bas dans une cadence des plus parfaite. Il gémit tout en lui attrapant d’une main sa longue chevelure brune qu’elle avait relevée en chignon. Elle le suçait goulûment, laissant ses petits doigts caresser les testicules enflés de son partenaire. Soudain, se sentant venir trop vite, il la repoussa légèrement. Alors, tandis qu’elle faisait passer sa langue sur ses propres lèvres avec des yeux pleins de surprise, il la fit s’allonger et l’aida à retirer son jean bien trop étroit. Une fois qu’elle fut couchée sur le dos, il lui fit écarter les cuisses, et se rapprochant de plus en plus, il se mit à passer sa langue sur son vagin à peine entrouvert. Très lentement, il put faire le contour de ses lèvres inférieures et supérieures et peu à peu, il put insérer le bout de sa langue pour trouver et jouer avec le clitoris maintenant bouillant de la jeune femme qui se mit à rugir sous le plaisir ressenti.

Sans plus tarder, et alors que sa verge était toujours droite comme un totem, il se releva légèrement pour embrasser la bouche de son amante, et ce faisant, il s’allongea sur elle pour placer son pénis à l’entrée du vagin humide de la demoiselle. Il la pénétra lentement, et une fois bien inséré au plus profond d’elle, il démarra un va-et-vient tout d’abord assez lent, mais qui s’intensifia avec la montée du plaisir commun ressenti. Tout en faisant l’amour avec tendresse et passion, ils s’embrassaient à intervalles réguliers, ce qui faisait augmenter encore d’un cran supplémentaire leur excitation. Ils étaient tous deux sur la même longueur d’onde, et gémissaient en chœur, tandis que des gouttes de sueur coulaient dans leurs dos respectifs. Soudain, elle se cambra et, se mordant la lèvre supérieure, elle planta ses ongles dans ses fesses : elle atteignait l’infime degré d’apothéose. C’est le même moment qu’il choisit pour éjaculer sa semence en elle, et c’est donc dans un râle commun qu’ils jouirent ensemble, avec une sacrée complicité.

Ils roulèrent ensuite sur le dos, chacun d’un côté de la nappe légèrement humide elle aussi après leurs ébats. Ils se prélassèrent quelques minutes, profitant de ce temps d’automne des plus agréable, puis ils se rhabillèrent en silence, avant de reprendre leur chemin en sens inverse. C’est à l’instant où ils pénétrèrent à nouveau dans le bois qu’une fine pluie se mit à tomber. Alors, ils se mirent à se désintégrer comme s’ils étaient faits uniquement de poussière. Une seconde plus tard, c’était comme s’ils n’avaient jamais existé…

Le vieil homme se réveilla en sursaut. Il était en âge et sa main droite était toute gluante, tandis que son drap était humide. Il crut tout d’abord avoir fait pipi au lit, mais très vite ses esprits lui revinrent en mémoire. Non, il n’avait pas uriné dans ses draps, il avait juste rêvé très fort à la femme qui fut le premier amour de sa vie, et s’était peut-être laissé aller à un peu trop de plaisir en solitaire. Mais quel mal y avait-il à cela, après tout ? Il était seul depuis si longtemps à ressasser son passé, tout cela n’avait vraiment plus aucune importance. À quatre-vingt-deux ans passés, il venait juste de faire l’un des plus beaux rêves autobiographiques de toute sa très longue vie… Il se rendormit aussi vite.

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