Cyber Sex

Cyber Sex

Los Angeles, 2039. Le monde, ou en tous cas ce qu’il en reste, est aseptisé. Nous vivons tous sous la protection de la « cloche », un genre de Tupperware qui englobe la planète toute entière. L’air que nous respirons y est donc artificiel, et la pollution n’est plus qu’un mauvais souvenir du passé. Du reste, quand il m’arrive de tomber sur des photos de la fin du 20e siècle, j’ai du mal à imaginer que ce que je vois ait pu exister. Fumait-on vraiment dans les restaurants ? Pouvions-nous vraiment partager les bassins des piscines pour nousy baigner ? Embrassait-on réellement avec la langue sans se soucier du moindre danger ? Il faut croire que oui, même si la pandémie de 2020 et le conflit armé mondial qui a suivi ont mis les sociétés à rude épreuve, tout en éliminant à jamais certaines de nos habitudes les plus simples qui soient. Au grand dam de nos libertés individuelles.

En effet, dans le monde d’aujourd’hui, les animaux n’ont plus accès à nos foyers, la nourriture est conditionnée sous forme de tablettes à l’état solide qu’on liquéfie avant de consommer, et les voyages se vivent au travers d’écrans virtuels, en direction de la lune pour les plus chanceux d’entre nous. Chanceux voulant dire fortuné, c’est le nouveau terme à la mode pour désigner les élites. Malheureusement, les trois situations que je viens d’énumérer ne sont que des exemples parmi tant d’autres.

Alors, on continue de décompresser face au stress du quotidien, car l’être humain que nous sommes essaie de prendre soin de lui du mieux qu’il peut. Les salles de fitness et musculature ont encore poussé comme des champignons, les activités artistiques sont en plein essor, et de plus en plus de personnes pratiquent le Yoga ainsi que la méditation bouddhiste. Comme quoi il n’y a pas que de mauvaises nouvelles dans ce nouveau monde…

Notre activité sexuelle aussi a évoluée, pour se mettre à la page du total safe-sex imposé par les gouvernements. Et si nous prenons encore beaucoup de plaisir grâce à nos corps faits d’eau, de sang et de chair, nous avons les moyens de jouer avec nos sens et notre imaginaire, pour laisser libre cours à nos désirs et pulsions sexuelles. Ainsi, grâce à un programme, la « machine » nous fait savoir si notre partenaire est clean, s’il ou elle a subi un changement de sexe au cours de sa vie, et quelle serait l’apparence physique de notre progéniture, si nous souhaitions donner la vie à un être humain de plus. Tout un programme !

Mais dans le cas d’un célibat de longue durée, comme c’est mon cas au moment où je pianote sur le clavier, la « machine » me fait savoir que je peux effectuer un tour d’horizon des nouveaux ou nouvelles partenaires virtuels proposés par ses soins. En effet, je peux choisir le sexe, la couleur de peau, les mensurations, et l’âge de la personne factice avec qui je voudrais avoir une relation sexuelle. J’allais pour taper diverses options féminines quand mon regard fut attiré par une lumière rouge qui clignotait dans le coin droit de l’écran. Sur le carré rouge était inscrit « Nouveau ». Intrigué, je cliquais dessus et fus basculé sur une toute nouvelle page que je me mis à scruter avec attention. Au fil de ma lecture, je compris que la « machine » me proposait d’inverser les rôles pour une partie, et de ressentir au plus profond de moi ce que pouvait être une jouissance féminine. Je restais perplexe face à mon écran, en proie au doute, mais quelque peu alléché par cette proposition. Du reste, une fine goutte de sueur perla sur tout le long de mon dos quand je me décidais à cliquer sur OK. Alors j’enfilais mon « masque de situation » et me laissais aller.

Très vite, je me surpris à me trouver nue au bord d’une rivière par une belle journée de printemps. Je dis bien nue, car j’avais bien l’apparence d’une jeune femme à la poitrine rebondie, et au contour du vagin soigneusement épilé. À quelques mètres, je vis un homme sortir du bois qui longeait la rivière. Il ressemblait au Minotaure, et malgré le regard grave qu’il me destina, je vis qu’il avait une forte érection. Son pénis était énorme, complètement disproportionné avec le reste de son corps, et il eut un léger rictus au coin des lèvres en s’approchant.

Sans ménagement aucun, il me tâta la poitrine avec empressement, puis il fit descendre sa main droite jusqu’à mon entrecuisse, qu’il caressa de ses longs doigts crochus. J’eus un frisson et parus chanceler en arrière, mais il me retint, et en profita pour insérer son index dans mon sexe qui commençait à s’humidifier sous l’excitation ressentie. Alors, je caressais à mon tour sa puissante queue gonflée à souhait qui vira au rouge écarlate. Elle avait encore grossi, et je commençais à me demander comment allais-je pouvoir supporter ce membre aussi imposant en mon intérieur…

C’est ce moment qu’il choisit pour me retourner et me pousser légèrement contre un arbre. Il me fit poser mes paumes à même l’écorce, et écarter mes cuisses au plus large, et sentant sa forte respiration dans mon dos, j’avais le trouillomètre à zéro, telle une pucelle de 14 ans que l’on va déflorer pour la 1re fois. Et je me mis soudain à me remémorer la seule et unique fois où j’avais moi-même dépucelé sans grand talent je dois l’avouer, une copine d’université.

Soudain, je fus ramené hors de mes pensées, quand d’un coup sec et profond, il me pénétra. Et ce ne fut pas des plus agréable. Il se mit alors à aller et venir en moi avec une cadence infernale, et plus je me cambrai pour essayer d’atténuer les coups de bite ressentis en mon intérieur, plus il allait encore plus profondément. J’étais vraiment novice en la matière, et était entièrement à sa portée. Il m’agrippa soudain par les cheveux, et je me mis presque à deviner un léger plaisir sous les glissements de plus en plus cadencés de sa queue sur vitaminée. Je commençais à y prendre goût.

Et alors que je me mis à gémir sous une certaine jouissance ressentie, il extirpa d’un coup sa verge de mon vagin, pour la présenter à l’entrée de l’orifice de mon anus… Je criais ! Je me mis effectivement à hurler et arrachais le « masque de situation » de mes yeux, c’en était trop, j’étais en nage et j’en tremblais encore. Tout en me remettant de mes émotions, je réfléchis longuement à ce qu’il venait de m’arriver virtuellement. Je ne pouvais m’ôter de l’idée que cela devait arriver à bon nombre de femmes qui n’en avaient pas demandé tant. La prochaine fois, je choisirai une douce compagne à qui faire gentiment l’amour avec tendresse et passion, me dis-je en coupant la « machine » et en plongeant mon regard par la fenêtre où je vis Los Angeles bouillonnante à cette heure tardive de la nuit.

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