La jeune femme du train

La jeune femme du train

Sur le quai quasiment désert, l’horloge affichait presque 15 heures. Le train à destination de Clermont-Ferrand n’était pas annoncé avant quelques minutes, alors elle sortit un paquet de cigarettes de son imper en skaï noir, et s’en grilla une aussi sec, tout en dévisageant les quelques badauds qui patientaient sagement.

L’un d’entre eux, coiffé d’un chapeau feutré et de lunettes à monture dorée, la fusilla du regard, puis se retourna vers le quai, et attendit la tête baissée, le nez dans ses chaussures.

Et alors que l’arrivée du train fut annoncée dans le haut-parleur, la jeune femme écrasa sa cigarette du bout de son escarpin, tout en introduisant un chewing-gum dans sa bouche aussi sensuelle qu’une fleur se réveillant dans la rosée du petit matin.

Quelques minutes s’étaient écoulées, le temps que le train ne se pose à quai et que certains voyageurs en descendent, tandis que quelques autres montaient à bord.

La jeune femme à l’imper en skaï noir déambulait le long du petit couloir qui longeait les compartiments quand le train se remit en route. Après une forte secousse qui la fit tanguer, elle aperçut le notable au chapeau feutré assis seul, au milieu d’un des compartiments.

Il avait le regard plongé dans le figaro du jour, où la page de couverture annonçait l’écrasante victoire de Ronald Reagan aux présidentielles américaines.

Trop accaparé dans sa lecture, il ne vit pas la jeune femme pénétrer à l’intérieur du compartiment, et ce n’est que quand elle s’assit juste en face de lui qu’il remarqua sa présence.

Il fut tout d’abord gêné par cette intrusion, et il se racla la gorge tout en feuilletant nerveusement son journal, qu’il tenait bien haut à bout de bras. Les minutes s’écoulaient et la jeune femme, dont seules les jambes nues dépassaient de son imper, mastiquait sa gomme à mâcher avec une certaine vulgarité qui couvrait presque le bruit du train filant sur les rails.

Maintenant quelque peu intrigué, l’homme aux lunettes dorées laissait dériver un œil sur la jeune femme à chaque fois qu’il tournait une nouvelle page. C’est alors qu’elle en rajouta une couche. Sentant ce regard curieux sur elle, elle se pencha en avant, laissant sa longue chevelure blonde s’éparpiller tout en déboutonnant le haut de son imper.

Puis, se rejetant en arrière sur la banquette, elle commença à se passer une main sur un de ses seins dans l’échancrure de son manteau. À cette vision qui ne lui avait pas échappé, le cœur de l’homme se mit à battre fort et ses tempes devinrent humides. Soudain pris d’une crampe au bras droit, il reposa lentement le journal sur ses genoux, tandis qu’au-dehors, une fine pluie se mettait à battre la vitre.

Deux doigts toujours posés sur son téton maintenant durci, la jeune femme fit descendre son autre fine main le long de son imper, jusqu’à la poser sur sa cuisse toujours découverte qu’elle caressa lentement. Là, l’homme eut du mal à déglutir, et c’est avec empressement qu’il desserra le col de sa cravate, tandis qu’un filet de sueur coulait le long de sa tempe.

Il ne baissait plus les yeux à présent, non, il assumait la situation jusqu’au bout. Car la jeune femme ne portait aucun sous-vêtement sous son imper en skaï noir… C’est alors que, tout en le fixant de son fiévreux regard, elle se mit à remonter sa main jusqu’à son pubis, qu’elle se mit à caresser très lentement en se contorsionnant sur la banquette.

Ses doigts se crispèrent alors pour mieux explorer sa vulve gonflée, et tout en mastiquant la gomme rose dans sa bouche maintenant sexy à souhait, elle laissa sortir quelques petits gémissements de sa gorge enflammée par le désir. C’est à ce moment que le train pénétra l’intérieur d’un tunnel, laissant l’obscurité envahir le compartiment avant qu’une triste ampoule de plafond ne vienne éclairer quelque peu la scène.

La jeune femme, aucunement surprise par cette interruption passagère, redoubla alors la pression de ses doigts humides sur son vagin maintenant gonflé par le plaisir.

Elle gémissait toujours de plus belle, ses yeux bleus touchés par la grâce, enfouis dans le regard perdu de l’homme en transe. Ce dernier, n’en pouvant plus, laissa sa main droite glisser sous son journal, et se mit à masser nerveusement sa verge gonflée de sang qu’il extirpa par la fermeture de son pantalon.

Et ces deux-là se mirent à se masturber dans un même élan, ne se quittant pas du regard, tandis que le plaisir communicatif leur faisait tous deux se mordre légèrement les lèvres. Soudain, alors qu’ils atteignaient ensemble le nirvana procuré par la jouissance, ils partirent en chœur dans un puissant râle qui en dit long sur leur orgasme respectif.

Alors ils soufflèrent longuement, les yeux dans le vague. C’est ce moment-là que le train choisit pour ressortir du long tunnel, et tandis que la lumière du jour et la pluie frappaient de nouveau la vitre de leur wagon, la jeune femme en profita pour réajuster quelque peu son imper et se repositionner correctement sur l’assise de sa banquette.

L’homme, maintenant gêné par la situation, essuyait tant bien que mal les traces de sa semence à l’aide du journal maintenant froissé, puis il rangea son pénis et referma sa braguette.

Un long silence parcourut le compartiment. Puis le train se mit à freiner tandis qu’un haut-parleur annonça son arrivée à la prochaine gare. Sans un mot et sans un regard de plus, la jeune femme se leva et quitta le wagon. L’homme, quant à lui, resta perplexe en la voyant déambuler sur le quai au travers de la vitre. Puis il détourna son regard et ferma les yeux. Il était à présent calme et serein.

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