Vénus ou la beauté du diable

Vénus ou la beauté du diable

Nous sommes au mois de juin 1673, aux alentours d’une bourgade de la région lyonnaise. La chaleur de l’été qui arrive est déjà suffocante et tout le monde cherche un coin d’ombre pour laisser passer les pires heures de la journée, car en ce début d’après-midi, les températures avoisinent les 35°.

Les chemins et sentiers sont donc désertés, ce qui n’était pas pour plaire à Vénus, qui normalement travaille avec les voyageurs de passage, désireux de faire une pause en sa compagnie. Car la belle Vénus, même si elle appartient officiellement à Julien d’Archange, un bandit de grand chemin réputé, gagne sa croûte en donnant du plaisir aux étrangers traversant la contrée pour remonter sur la capitale ou bien redescendre vers le port de Marseille.

Vénus, c’est la beauté incarnée. Femme fatale âgée de 23 ans, d’allure bohémienne avec de longs cheveux noirs ondulés lui descendant presque jusqu’au fessier et toujours habillée de longues jupes à frou-frou et de corsets échancrés.

Vénus la gitane, avec ses yeux vert amande et son regard ténébreux, ses lèvres pulpeuses et sa poitrine bombée en avant. Vénus la sorcière, qui avec son rire caverneux et son accent typique des régions du sud, sait lire au travers des lignes de la main depuis son plus jeune âge, pour prédire l’avenir avec plus ou moins de talent. Vénus la putain, qui sait aussi donner beaucoup de plaisir aux hommes qui y mettent le prix.

Enfin Vénus la femme-enfant, qui vit dans sa roulotte depuis toujours, entourée des siens et attendant sagement que Julien, l’homme de sa vie, fasse d’elle une femme comblée dans la vie maritale et une mère attentive et passionnée.

Mais pour le moment, tous ces rêves ne sont que des visions lointaines et il lui faut bien gagner de quoi nourrir son entourage en l’absence prolongée de son valeureux prétendant. Alors, cette chaleur s’écrasant avec lourdeur sur la campagne lyonnaise et désertant ainsi la région l’agace, tout autant qu’elle la fait transpirer. Cette après-midi-là, Vénus décide donc de se rendre en contrebas de la vallée, afin de pouvoir tremper ses gambettes dans l’eau toujours fraiche de la rivière.

À peine est-elle rentrée dans le cours d’eau en chantonnant un air populaire et en relevant les pans de sa jupe qu’une voix de gentilhomme la surprend en la saluant du haut de son cheval.

Elle se retourne, surprise par cette arrivée impromptue, et crie haut et fort : « Julien ! ». Après l’avoir dévisagé avec son regard de panthère, elle lui fait part de son large sourire, laissant la blancheur naturelle de ses dents éclairer la peau mât de son fin visage. Vénus salue alors son Julien en se baissant légèrement, tandis que l’homme continue à la bader avec un large sourire qui élargit un peu plus la balafre fixée sur sa joue droite. « Ce fut long, tu sais… » lui dit-elle en faisant la moue et en continuant à tremper ses mollets dans l’eau limpide. « Je sais ! » lui répondit-il tout en descendant de cheval, puis en accrochant la bride autour d’un arbre.

Julien est un bel homme de 25 ans, revêtu d’une chemise et d’un pantalon noir. Il retire ses gants, les jette au sol, puis se baisse pour pouvoir se libérer de ses lourdes bottes. Enfin, il s’approche du cours d’eau et Vénus le rejoint aussitôt. Les deux amants se serrent fort l’un contre l’autre, avant de s’embrasser longuement, tandis qu’une nuée d’oiseaux vole bas dans le ciel maintenant chargé d’épais et sombres nuages.

Ils s’accrochent toujours l’un à l’autre en s’asseyant dans l’herbe folle. Ils rient, et ce sont désormais des papillons qui leur tournent autour. Vénus lui prend sa main droite et la scrute longuement tout en la caressant du bout du doigt dont l’ongle dépasse de plusieurs centimètres. « Je vois toujours notre union à l’horizon… Mais je vois aussi la garde royale rôdant autour de toi… Oh, promets-moi d’être prudent Julien ! » dit-elle en fronçant ses fins sourcils et en posant sur lui son regard des mauvais jours. Julien l’écoute d’une oreille distraite et continue à lui sourire. Il retire lentement sa main et l’embrasse à nouveau. Vénus se laisse faire avec un malin plaisir et commence à lui dégrafer les boutons de sa chemise.

Ils se déshabillèrent lentement, avec des gestes très sensuels, tout en s’embrassant langoureusement. Puis, Julien lui caressa la poitrine et lui lécha le bout de ses tétons gonflés d’excitation. C’est au même instant qu’elle lui caressa sa verge dressée tel un totem.

Ils étaient tous deux fins prêts, et leurs corps ruisselaient de sueur sous l’écrasante chaleur. Au moment où il la pénétra, le ciel se mit à gronder, et le cheval à hennir.

Elle se cambra, et poussa elle aussi un léger cri, tandis que la queue maintenant violacée de Julien s’agitait dans son vagin tout humide. Le va-et-vient incessant devint de plus en plus rapide, et les râles des deux amants se mélangeaient pour ne faire plus qu’un. Vénus s’agrippa au dos de Julien, et ses ongles s’enfoncèrent quelque peu dans les chairs de son dos, tandis que ses yeux se révulsèrent sous le plaisir ressenti.

Elle était en train de jouir. Julien calma alors le rythme, et c’est avec douceur et sensualité qu’il laissa sa verge s’agiter dans le trésor intime de Vénus. Soudain, il se cambra aussi, et dans un râle tout puissant, il prit sa queue entre sa main droite et se mit à éjaculer sa chaude semence sur le ventre de sa dulcinée, qui le regarda jouir avec un certain plaisir. Du reste, elle l’aida avec le bout de sa langue à faire en sorte qu’il ne reste plus une seule goutte dans son pénis encore tout gonflé. Alors, ils s’embrassèrent à nouveau. C’est à cet instant qu’une légère pluie se mit à tomber.

Les deux amants s’aidèrent mutuellement à se relever, et se ruèrent dans l’eau de la rivière. Au loin, le tonnerre se mit à gronder, tandis qu’ils restaient tous deux serrés l’un contre l’autre au beau milieu du cours d’eau. La pluie se mit à tomber de plus en plus fort, mais ils ne s’en faisaient guère. Ils s’aimaient et appréciaient cet instant de pur plaisir partagé. À tel point qu’ils ne virent aucunement les soldats de la garde royale s’approcher d’eux dans le sous-bois. La prédiction de Vénus allait donc se réaliser plus tôt que prévu…

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