🎯 Réponse Rapide et Points Clés :
La reconnaissance de dette est un document écrit par lequel un emprunteur (débiteur) s’engage à rembourser une somme d’argent à un prêteur (créancier). Obligatoire au-delà de 1 500 €, elle constitue une preuve juridique essentielle en cas de litige et protège les deux parties.
Les points essentiels à retenir :
- Document obligatoire pour tout prêt supérieur à 1 500 € entre particuliers
- Doit comporter des mentions précises : identités complètes, montant en chiffres et lettres, date, signature manuscrite
- Déclaration fiscale obligatoire au-delà de 5 000 € via le formulaire Cerfa n°2062

Qu’est-ce qu’une reconnaissance de dette et pourquoi l’utiliser ?
La reconnaissance de dette représente bien plus qu’une simple formalité administrative. Ce document écrit établit contractuellement l’existence d’une créance entre deux personnes. L’emprunteur y reconnaît formellement avoir reçu une somme d’argent et s’engage à la restituer selon des modalités précises.
Dans le cadre de prêts familiaux ou amicaux, ce document protège la relation en clarifiant les termes de l’accord. Il évite les malentendus et constitue une preuve juridique recevable devant les tribunaux. Sans reconnaissance de dette, prouver l’existence d’un prêt devient extrêmement complexe, particulièrement si le débiteur conteste la créance.
🖼️ [Insérer image : exemple de reconnaissance de dette manuscrite avec les mentions obligatoires surlignées]
Le Code civil impose cette formalité écrite dès que le montant dépasse 1 500 €. En dessous de ce seuil, elle reste fortement recommandée pour sécuriser la transaction. Cette précaution simple permet également de distinguer clairement un prêt d’une donation, évitant ainsi des complications fiscales ultérieures.
Les mentions obligatoires pour une validité juridique
Une reconnaissance de dette valable doit comporter plusieurs éléments essentiels. L’absence d’une seule mention peut compromettre sa valeur juridique en cas de contestation devant un commissaire de justice ou un tribunal.
Identités complètes des parties : Le document doit mentionner les nom, prénom, date et lieu de naissance, ainsi que l’adresse complète du créancier et du débiteur. Ces informations permettent d’identifier sans ambiguïté les personnes concernées par l’accord.
Montant précis de la dette : La somme prêtée doit figurer en chiffres ET en lettres. Cette double mention évite toute contestation sur le montant. En cas de divergence entre les deux, c’est la somme écrite en toutes lettres qui prévaut juridiquement.
🖼️ [Insérer image : gros plan sur la mention du montant en chiffres et lettres]
Date et modalités de remboursement : Le document doit préciser la date de signature, l’échéance de remboursement et les modalités (en une fois ou échelonné). Si des intérêts s’appliquent, leur taux doit être clairement indiqué. Le taux d’usure en vigueur depuis le 1er octobre 2025 constitue le plafond légal à ne pas dépasser.
Signature manuscrite : Le débiteur doit signer le document de sa main. Cette signature atteste de son engagement personnel. Pour renforcer la valeur juridique, certains ajoutent une mention manuscrite du type « bon pour reconnaissance de dette de [montant en lettres] » avant la signature.
Reconnaissance de dette manuscrite ou acte authentique ?
Deux formats principaux s’offrent aux particuliers souhaitant formaliser un prêt. Chacun présente des avantages spécifiques selon le montant et la situation.
La reconnaissance de dette manuscrite représente la solution la plus courante. Rédigée sur papier libre par le débiteur lui-même, elle suffit pour la plupart des prêts entre particuliers. Simple et économique, elle possède une pleine valeur juridique si elle respecte toutes les mentions obligatoires. Le prêteur conserve l’original, tandis que l’emprunteur peut en garder une copie.
🖼️ [Insérer image : comparaison visuelle entre reconnaissance manuscrite et acte notarié]
L’acte authentique établi par un notaire offre une sécurité juridique maximale. Ce format s’avère particulièrement pertinent pour les montants importants ou les situations complexes. Le notaire vérifie l’identité des parties, s’assure de leur consentement éclairé et conserve l’acte original. Cette option génère des frais d’enregistrement, mais facilite grandement les démarches en cas de non-remboursement.
Un acte sous seing privé, rédigé par les parties mais enregistré auprès de l’administration fiscale, constitue une solution intermédiaire. Cette démarche renforce la valeur probante du document tout en limitant les coûts.
Les obligations fiscales liées à la reconnaissance de dette
La déclaration fiscale des prêts entre particuliers répond à des règles précises. Ces obligations visent à prévenir les donations déguisées et à assurer la transparence des transactions financières.
Pour l’emprunteur : Tout prêt supérieur à 5 000 € doit être déclaré à l’administration fiscale via le formulaire Cerfa n°2062 « Déclaration de contrat de prêt ». Cette déclaration s’effectue en même temps que la déclaration annuelle de revenus. Elle précise le montant emprunté, la durée du prêt, la date de souscription et l’éventuel taux d’intérêts appliqué.
🖼️ [Insérer image : capture du formulaire Cerfa n°2062 avec les sections principales]
Pour le prêteur : Si vous consentez un seul prêt dans l’année, aucune déclaration n’est requise de votre part. En revanche, dès lors que le montant cumulé de vos prêts dépasse 760 € sur l’année, vous devez mentionner cette information dans la case « revenus mobiliers » de votre déclaration 2042.
L’enregistrement aux impôts n’est pas obligatoire pour valider juridiquement la reconnaissance de dette. Selon la Cour de cassation, un document non encore enregistré mais déposé chez un notaire reste parfaitement valable. Toutefois, cette déclaration permet d’éviter la taxation comme donation pour le bénéficiaire de l’argent.

Que faire en cas de non-remboursement de la dette ?
Malgré la reconnaissance de dette, certains emprunteurs ne respectent pas leurs engagements. Plusieurs recours s’offrent alors au créancier pour obtenir le remboursement.
La première étape consiste à adresser un courrier de relance amiable en recommandé avec accusé de réception. Ce courrier rappelle les termes de la reconnaissance de dette et fixe un délai de 8 jours pour régulariser la situation. Cette démarche suffit souvent à débloquer le remboursement sans procédure judiciaire.
🖼️ [Insérer image : modèle de lettre de mise en demeure pour dette impayée]
Sans réponse sous 8 jours, le créancier peut engager une procédure d’injonction de payer. Cette démarche rapide permet d’obtenir une décision judiciaire sans audience contradictoire. Le créancier dépose une requête auprès du tribunal compétent en fonction du montant : tribunal de proximité pour les sommes inférieures à 10 000 €, tribunal judiciaire au-delà.
Si le juge accorde l’injonction de payer, le débiteur dispose d’un mois pour contester la décision. En l’absence d’opposition, le créancier obtient un titre exécutoire. Il peut alors faire appel à un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) pour procéder au recouvrement forcé : saisie sur salaire, saisie bancaire ou saisie de biens mobiliers.
La durée de validité et la prescription de la reconnaissance de dette
La reconnaissance de dette ne possède pas de « date d’expiration » à proprement parler. Elle reste valable tant que la dette n’est pas remboursée. Toutefois, le délai de prescription encadre la période durant laquelle le créancier peut agir en justice.
Pour les dettes entre particuliers, le délai de prescription est de 5 ans. Ce délai commence à courir à partir de la date d’exigibilité de la créance. Par exemple, pour une reconnaissance de dette signée le 15 novembre 2025 avec un remboursement prévu au 15 novembre 2028, la prescription débute le 15 novembre 2028 et expire le 15 novembre 2033.
🖼️ [Insérer image : frise chronologique illustrant le calcul du délai de prescription]
Certains événements peuvent interrompre la prescription et remettre le compteur à zéro : reconnaissance de dette par le débiteur, mise en demeure par lettre recommandée, ou engagement d’une procédure judiciaire. Cette interruption fait repartir un nouveau délai complet de 5 ans.
Attention : passé le délai de prescription, le créancier perd son droit d’agir en justice pour obtenir le remboursement forcé. La dette n’est pas effacée juridiquement, mais elle devient « naturelle » : le débiteur peut toujours rembourser volontairement, mais ne peut plus y être contraint par voie judiciaire.
Reconnaissance de dette et succession : transmission de la créance
Le décès de l’une des parties soulève des questions spécifiques concernant le devenir de la reconnaissance de dette. Le droit français encadre précisément ces situations pour protéger les héritiers.
Décès du débiteur : La dette ne disparaît pas avec le décès de l’emprunteur. Elle entre dans le passif successoral et doit être honorée par les héritiers, dans la limite de l’actif successoral. Si les héritiers acceptent purement et simplement la succession, ils deviennent personnellement redevables de la dette. L’acceptation à concurrence de l’actif net limite leur responsabilité aux biens hérités.
La reconnaissance de dette permet au créancier de faire valoir sa créance auprès des héritiers. Sans ce document, prouver l’existence de la dette devient très difficile, particulièrement si le prêt était oral ou informel.
🖼️ [Insérer image : schéma explicatif de la transmission de dette en cas de succession]
Cas particulier : Si le prêteur du défunt est l’un de ses héritiers, la situation se complexifie. La dette peut être considérée comme une avance sur héritage, ce qui modifie le calcul des parts successorales lors du partage. La reconnaissance de dette joue alors un rôle crucial pour établir la nature exacte de la transaction.
Décès du créancier : La créance fait partie de l’actif successoral et se transmet aux héritiers du prêteur. Ces derniers peuvent exiger le remboursement dans les conditions prévues par la reconnaissance de dette originale.
Les erreurs à éviter lors de la rédaction
Certaines maladresses compromettent fréquemment la validité ou l’efficacité d’une reconnaissance de dette. Identifier ces pièges permet de sécuriser efficacement votre prêt.
Omettre des mentions essentielles : L’absence d’une date, d’une signature ou d’une identité complète fragilise considérablement le document. Vérifiez systématiquement que toutes les informations obligatoires figurent clairement avant de considérer la reconnaissance comme finalisée.
Divergence entre chiffres et lettres : Une différence entre le montant écrit en chiffres et celui en lettres crée une ambiguïté. Relisez attentivement ces deux mentions pour garantir leur parfaite concordance. Rappelez-vous que la version en lettres prévaut juridiquement en cas de désaccord.
🖼️ [Insérer image : checklist des points à vérifier avant de signer une reconnaissance de dette]
Négliger les modalités de remboursement : Un document qui mentionne uniquement « remboursement dès que possible » ou « quand l’emprunteur pourra » pose problème. Fixez toujours une échéance précise, même si vous prévoyez une certaine souplesse dans l’application.
Oublier la déclaration fiscale : Pour les prêts supérieurs à 5 000 €, l’absence de déclaration expose à des redressements fiscaux. L’administration peut requalifier le prêt en donation et appliquer les droits correspondants, avec des pénalités de retard.
Faire signer par le créancier : Erreur fréquente, la reconnaissance de dette doit être signée uniquement par le débiteur. C’est lui qui reconnaît sa dette. Le créancier conserve simplement l’original comme preuve de la créance.

Conclusion
La reconnaissance de dette constitue un outil juridique indispensable pour sécuriser les prêts entre particuliers. En formalisant clairement les engagements financiers, elle préserve à la fois les intérêts du prêteur et ceux de l’emprunteur, tout en protégeant la relation personnelle qui les unit.
Respecter les mentions obligatoires, déclarer le prêt aux services fiscaux lorsque nécessaire et conserver précieusement l’original du document garantissent une protection optimale. En cas de difficulté de remboursement, ce document permet d’engager sereinement les démarches de recouvrement amiable ou judiciaire.
Prochaine étape : Téléchargez un modèle de reconnaissance de dette conforme aux exigences légales et consultez un commissaire de justice si vous rencontrez des difficultés de recouvrement. Pour les montants importants, n’hésitez pas à solliciter l’accompagnement d’un notaire qui sécurisera juridiquement votre démarche.
