🎯 Réponse Rapide et Points Clés :
La trêve hivernale 2024-2025 s’étend du 1er novembre 2024 au 31 mars 2025. Durant cette période de cinq mois, toute expulsion locative est suspendue sur l’ensemble du territoire français, même en cas d’impayés de loyer, protégeant ainsi les locataires contre les expulsions pendant l’hiver.
Les points essentiels :
– Aucune expulsion ne peut être exécutée entre le 1er novembre et le 31 mars inclus
– Les coupures d’énergie (électricité, gaz, eau) sont interdites durant cette période
– Des exceptions existent pour les squats et logements obtenus par voie de fait
– Les procédures judiciaires peuvent continuer, seule l’exécution de l’expulsion est suspendue
Qu’est-ce que la trêve hivernale et pourquoi existe-t-elle ?
La trêve hivernale constitue un dispositif de protection sociale instauré en France depuis 1956. Cette mesure vise à protéger les locataires les plus fragiles contre les expulsions durant la période la plus froide de l’année.
Origine historique du dispositif
Créée il y a près de 70 ans, la trêve hivernale répondait initialement à une nécessité humanitaire évidente : éviter que des familles se retrouvent à la rue pendant l’hiver. Le dispositif a évolué au fil des décennies pour s’adapter aux réalités du marché locatif.
La loi ALUR du 24 mars 2014 a marqué un tournant majeur en prolongeant la durée de la trêve de 15 jours supplémentaires. Auparavant limitée au 15 mars, elle s’étend désormais jusqu’au 31 mars, offrant une protection renforcée aux locataires.
Fondement juridique actuel
Le cadre légal de la trêve hivernale s’appuie sur plusieurs textes de loi successifs. Cette protection s’inscrit dans une logique de droit au logement, considéré comme un droit fondamental en France.
Chaque année, le dispositif se renouvelle automatiquement selon le même calendrier. Il s’applique sur l’ensemble du territoire national, sans distinction géographique ni climatique.
Dates précises de la trêve hivernale 2024-2025
La période de protection s’étend sur exactement cinq mois consécutifs. Pour l’édition 2024-2025, les dates sont clairement définies par la législation en vigueur.
Début de la trêve : 1er novembre 2024
La protection démarre automatiquement le 1er novembre 2024 à 00h00. Dès cette date, toute expulsion locative devient impossible, même si une décision de justice a été prononcée avant cette échéance.
Les huissiers de justice ne peuvent plus procéder à l’exécution des commandements de quitter les lieux. Cette suspension s’applique immédiatement, sans formalité particulière pour le locataire.
Fin de la trêve : 31 mars 2025
La protection prend fin le 31 mars 2025 à minuit. À partir du 1er avril 2025, les procédures d’expulsion peuvent reprendre leur cours normal.
Les propriétaires bailleurs peuvent alors solliciter à nouveau l’intervention des forces de l’ordre pour faire exécuter les décisions de justice obtenues. Les locataires concernés par une procédure d’expulsion doivent anticiper cette échéance.
💬 Notre analyse : Cette période de cinq mois représente un équilibre fragile entre protection sociale et droits des propriétaires. Dans les faits, elle génère souvent un effet d’accumulation des dossiers d’expulsion qui se concentrent dès le début avril, créant une pression administrative considérable sur les tribunaux et services sociaux. Cette concentration pose la question de l’efficacité réelle du dispositif au-delà de son intention louable.
Droits et protections des locataires pendant la trêve
Durant toute la période hivernale, les locataires bénéficient d’une protection étendue qui va au-delà de la simple suspension des expulsions.

Suspension complète des expulsions locatives
Aucun locataire ne peut être contraint de quitter son logement entre le 1er novembre et le 31 mars. Cette règle s’applique quelle que soit la raison de l’expulsion : loyers impayés, troubles de voisinage, non-respect du bail.
Les décisions de justice restent valables mais leur exécution est reportée. Un jugement d’expulsion prononcé en octobre ne pourra être appliqué qu’à partir d’avril.
Les forces de l’ordre ne peuvent pas intervenir pour procéder à une évacuation, même sur réquisition d’un huissier de justice.
Protection contre les coupures d’énergie
Les fournisseurs d’énergie sont tenus de maintenir la fourniture d’électricité et de gaz durant toute la trêve hivernale. Cette protection s’applique même en cas de factures impayées.
Les coupures totales sont strictement interdites. Seule une réduction de puissance peut être envisagée dans certains cas spécifiques, mais jamais une interruption complète.
L’eau courante bénéficie également de cette protection. Les distributeurs ne peuvent pas couper l’approvisionnement, garantissant ainsi un accès aux services essentiels.
Continuation des procédures judiciaires
La trêve hivernale ne bloque pas l’avancement des dossiers devant les tribunaux. Les propriétaires peuvent continuer à engager ou poursuivre les procédures judiciaires.
Les audiences devant le juge aux affaires familiales ou le tribunal judiciaire se déroulent normalement. Les jugements peuvent être rendus, assignations délivrées, commandements de payer notifiés.
Cette distinction est fondamentale : la trêve suspend l’exécution, pas la procédure elle-même. Les dossiers avancent, seule l’expulsion effective est reportée.
Obligations et contraintes pour les propriétaires bailleurs
Les propriétaires doivent respecter scrupuleusement les règles de la trêve hivernale sous peine de sanctions importantes.

Interdiction formelle d’expulser
Même avec un jugement définitif en main, un propriétaire ne peut pas faire expulser son locataire durant la trêve. Toute tentative d’expulsion forcée constitue une infraction pénale.
Les pressions pour obtenir un départ volontaire restent possibles mais doivent rester dans le cadre légal. Le harcèlement ou les intimidations sont sanctionnés par la loi.
Le propriétaire conserve son droit de réclamer les loyers impayés et d’obtenir une condamnation judiciaire. Seule l’exécution physique de l’expulsion est suspendue.
Sanctions en cas de non-respect
Expulser un locataire pendant la trêve hivernale expose le propriétaire à des sanctions pénales lourdes. La loi prévoit jusqu’à trois ans de prison et une amende pouvant atteindre 30 000 euros.
Ces sanctions s’appliquent également en cas de coupure illégale des services (chauffage, eau, électricité) pour forcer le départ du locataire.
Le locataire victime d’une expulsion illégale peut saisir la justice en référé pour obtenir sa réintégration immédiate dans les lieux.
Préparation de l’après-trêve
Les propriétaires peuvent utiliser cette période pour consolider leur dossier juridique. Ils peuvent notamment rassembler les preuves d’impayés, documenter les troubles de voisinage ou constituer un dossier complet.
La période de trêve permet aussi d’explorer des solutions amiables. Une médiation avec le locataire peut aboutir à un accord de départ volontaire ou un échéancier de remboursement.
Dès février-mars, il devient stratégique de prendre contact avec un huissier pour programmer l’expulsion dès le 1er avril si aucune solution n’a été trouvée.
Exceptions au principe de la trêve hivernale
Certaines situations échappent à la protection offerte par la trêve hivernale. Ces exceptions restent toutefois strictement encadrées par la loi.

Squats et occupations sans droit ni titre
Les personnes occupant un logement par voie de fait, sans aucun titre juridique, ne bénéficient pas de la protection de la trêve hivernale. Cette exception vise spécifiquement les squatteurs.
Le propriétaire d’un bien squatté peut obtenir une expulsion même en plein hiver. La procédure nécessite néanmoins une décision de justice préalable, sauf intervention dans les 48 heures suivant l’intrusion.
Cette distinction juridique repose sur l’absence totale de relation contractuelle. Un locataire, même en situation d’impayés, conserve un titre d’occupation qui le protège.
Relogement assuré par le propriétaire
Un propriétaire peut faire expulser son locataire durant la trêve s’il lui propose un relogement correspondant à ses besoins et capacités financières.
Le logement proposé doit présenter des caractéristiques équivalentes en termes de surface, localisation et loyer. Une simple proposition ne suffit pas, elle doit être adaptée à la situation familiale du locataire.
Cette exception reste très encadrée et soumise à l’appréciation du juge. Le relogement doit être effectif et acceptable, pas simplement théorique.
Bâtiments menaçant ruine
Les immeubles déclarés dangereux ou insalubres par arrêté préfectoral peuvent faire l’objet d’une évacuation d’urgence, même pendant la trêve hivernale.
Cette exception répond à un impératif de sécurité publique. Le risque d’effondrement ou les conditions sanitaires critiques justifient une intervention immédiate.
Les occupants doivent alors être relogés d’urgence par les services de l’État ou les collectivités territoriales.
Que faire en cas de difficultés financières durant la trêve ?
La trêve hivernale offre un répit mais ne résout pas les problèmes de fond. Les locataires en difficulté doivent agir proactivement.

Solliciter les aides au logement
Les Caisses d’Allocations Familiales proposent diverses aides pour les locataires en difficulté. L’Aide Personnalisée au Logement (APL) peut couvrir une partie significative du loyer.
Le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) intervient dans les situations d’urgence pour éviter l’expulsion. Il peut prendre en charge des arriérés de loyer ou des dettes de charges.
Ces démarches doivent être entreprises dès les premières difficultés, sans attendre l’accumulation des impayés. Plus l’intervention est précoce, plus les solutions sont nombreuses.
Négocier avec son propriétaire
Le dialogue avec le bailleur reste la solution la plus efficace. Proposer un échéancier de remboursement réaliste peut éviter l’escalade judiciaire.
Beaucoup de propriétaires préfèrent un arrangement amiable aux frais et délais d’une procédure judiciaire. La transparence sur sa situation financière facilite la négociation.
Un accord écrit, même informel, sécurise les deux parties. Il peut prévoir un étalement des dettes sur plusieurs mois avec reprise du paiement normal du loyer.
Contacter les services sociaux et associations
Les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) accompagnent les personnes en difficulté de logement. Ils orientent vers les dispositifs d’aide appropriés et peuvent servir de médiateurs.
Des associations spécialisées comme l’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) offrent des conseils juridiques gratuits. Elles aident à comprendre ses droits et obligations.
Le numéro « Allô Prévention Expulsion » (0805 299 049) propose un accompagnement personnalisé pour les locataires menacés d’expulsion.
Trêve hivernale et énergie : règles spécifiques
La protection contre les coupures d’énergie constitue un volet essentiel du dispositif de trêve hivernale.
Interdiction des coupures d’électricité et de gaz
Entre le 1er novembre et le 31 mars, les fournisseurs d’énergie ne peuvent pas procéder à une coupure totale, même en cas de factures impayées importantes.
Cette règle s’applique à tous les types de contrats : tarifs réglementés, offres de marché, clients particuliers ou professionnels occupant un logement.
La protection vise à garantir l’accès à l’énergie nécessaire au chauffage durant l’hiver. Elle s’inscrit dans une logique de santé publique et de protection des personnes vulnérables.
Réduction de puissance autorisée
Si les coupures totales sont interdites, les fournisseurs peuvent réduire la puissance électrique disponible. Cette réduction ne doit pas empêcher un usage minimal du logement.
La puissance maintenue doit permettre l’éclairage et le fonctionnement des appareils essentiels. Elle est généralement fixée à 3 kVA minimum.
Cette mesure incite au paiement tout en préservant un accès minimal à l’énergie. Elle représente un compromis entre droits du consommateur et intérêts du fournisseur.
Démarches en cas de menace de coupure
Les fournisseurs doivent informer leurs clients des impayés et des risques encourus. Plusieurs relances précèdent toute action de réduction de puissance.
Contacter rapidement son fournisseur permet souvent de trouver un arrangement. Des échéanciers de paiement sont généralement proposés pour étaler la dette.
Les services sociaux peuvent intervenir pour débloquer des aides d’urgence couvrant les factures énergétiques. Le Fonds de Solidarité pour le Logement finance aussi ce type de dépenses.
Préparer la fin de la trêve hivernale
L’approche du 31 mars nécessite une anticipation, tant pour les locataires que pour les propriétaires.
Pour les locataires : trouver des solutions durables
Les semaines précédant la fin de la trêve doivent être mises à profit pour régulariser la situation. Attendre le 1er avril expose à une expulsion immédiate.
Solliciter un rendez-vous avec une assistante sociale permet d’explorer toutes les aides disponibles. Certains dispositifs nécessitent plusieurs semaines d’instruction.
Rechercher activement un nouveau logement devient prioritaire si la situation est irrémédiable. Les organismes HLM proposent des logements sociaux adaptés aux revenus modestes.
Pour les propriétaires : relancer les procédures
Dès mars, les propriétaires peuvent prendre contact avec leur huissier pour programmer l’expulsion. Les premiers jours d’avril concentrent traditionnellement un grand nombre d’interventions.
Vérifier que le dossier juridique est complet évite les retards. Tous les jugements doivent être définitifs et les commandements de quitter les lieux notifiés.
Une dernière tentative de négociation amiable reste possible. Un départ volontaire évite les frais d’huissier et permet parfois de récupérer une partie des impayés.
Rôle des services publics et associations
Les préfectures coordonnent les expulsions avec les services sociaux pour proposer des solutions de relogement d’urgence. Ce dispositif reste néanmoins insuffisant face au nombre de dossiers.
Les associations caritatives intensifient leurs maraudes et leur offre d’hébergement d’urgence dès la fin mars. Elles constituent un filet de sécurité pour les personnes sans solution.
Les commissions de surendettement peuvent être saisies pour traiter globalement les difficultés financières, incluant les dettes locatives.
Conclusion
La trêve hivernale 2024-2025 offre une protection essentielle aux locataires entre le 1er novembre 2024 et le 31 mars 2025, suspendant toute expulsion et interdisant les coupures d’énergie. Ce dispositif vieux de près de 70 ans reste un pilier de la protection sociale en France, même s’il ne constitue qu’une solution temporaire nécessitant des démarches complémentaires pour résoudre durablement les difficultés de logement.
Contrairement aux approches centrées uniquement sur le calendrier légal, l’enjeu réside dans l’utilisation stratégique de ces cinq mois pour construire des solutions pérennes : mobiliser les aides sociales, négocier avec son bailleur ou préparer une transition maîtrisée. La trêve n’efface pas les dettes ni les procédures judiciaires, elle offre simplement du temps pour agir.
Prochaine étape : Si vous êtes locataire en difficulté, contactez dès maintenant votre CCAS ou le numéro « Allô Prévention Expulsion » au 0805 299 049 pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé et identifier les aides disponibles dans votre situation.
